musique - Guillaume Dufay

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musique

Guillaume Dufay fait partie de ce qui a été appelé l'école franco-flamande. Ce terme désigne le vaste foyer où se développa la polyphonie vocale au XVème siècle, après l'Ars Nova et avant la Renaissance. Ce foyer se confond géographiquement avec le duché de Bourgogne auquel se sont ensuite ajoutés des territoires du Nord annexés par le duché.
Cette évolution musicale est le fruit de plusieurs éléments décrits ci-dessous.
la guerre de cent ans et le déplacement de la culture vers le Nord
A la faveur des troubles qui règnent en France à la fin du Moyen Âge, la culture musicale se déplace dans les régions du Nord de la France, en Flandre (Belgique actuelle) ainsi qu'en terre bourguignonne. Pendant cette période troublée, artistes et musiciens se réfugient dans ces lieux plus accueillants. Les musiciens de toutes contrées (Flamands, Français, Bourguignons et Anglais) se rencontrent, ce qui contribue aux échanges et à la diffusion de musiques nouvelles.

le rayonnement de la cour de Bourgogne
En 1364, le duché de Bourgogne est donné par le roi de France Jean II le Bon en apanage à son fils Philippe Le Hardi, exclu de la succession royale. Pendant un peu plus de 100 ans (jusqu'en 1477), les ducs de Bourgogne successifs ont donné un rayonnement très important à ce duché, lequel a progressivement annexé ou dominé la Franche-Comté, la Lorraine, le Luxembourg, la Picardie, l'Artois (donc le Nord de la France) et les Flandres (Belgique). Cet ensemble territorial est alors devenu plus puissant et plus prospère que le royaume de France, alors empêtré dans un conflit séculaire avec l'Angleterre. Le duc de Bourgogne Philippe le Bon, contemporain de Guillaume Dufay, n'a songé qu'à accroitre le luxe musical de sa cour. Il était lui-même musicien (il jouait de la harpe) et il fit apprendre la musique à son fils (instrument, chant, composition).

les maîtrises du Nord de l'Europe, des écoles de musique attachées au service des églises
Ces maîtrises recrutaient de jeunes chanteurs auxquels elles dispensaient un enseignement musical complet. La maîtrise de la cathédrale de Cambrai  (lieu de naissance de Guillaume Dufay) constitue le centre de formation musicale le plus renommé en Europe. Les musiciens des maîtrises du Nord étaient en demande partout, mais c'est l'Italie qui attirait surtout les plus talentueux. Les princes et les grands seigneurs, influencés par la cour papale (Avignon puis Rome), voulaient donner du faste à leur chapelle et à leur cour.

l'arrivée d'une musique nouvelle en provenance d'Italie et d'Angleterre
Le style franco-flamand est la résultante de deux influences principales :
  • l'ars nova italien (Francesco Landini) dont le charme mélodique contribue à simplifier la polyphonie austère et savante des maîtres du Nord.
  • la sensibilité de la musique anglaise (Lionel Power, John Dunstable), la fameuse "contenance angloise", issue de l'emploi systématique d'intervalles de tierce et de sixte (considérés à l'époque comme consonnances imparfaites sur le continent), et une grande souplesse dans la mélodie et le rythme (avec la reprise d'une ligne mélodique par plusieurs voix, ce qui est à l'origine du contrepoint, du canon et plus tard de la fugue).
Le XVème siècle est ainsi marqué par des compositeurs talentueux. Outre Guillaume Dufay, le plus réputé, il faut citer :
  • John Dunstable, compositeur anglais, né en 1390 et mort en 1453. On sait qu'il a séjourné quelques temps en France en tant qu'accompagnateur des occupants anglais. La plupart de ses oeuvres parvenues jusqu'à nous proviennent de manuscrits continentaux, les oeuvres anglaises ayant été détruites lors de la dissolution des monastères en Angleterre sous Henri VIII
  • Gilles Binchois, compositeur flamand, né en 1400 et mort en 1460. Bien que souvent considéré comme de moindre importance que ses contemporains Guillaume Dufay et John Dunstable, du moins à cette époque, son influence est présumée avoir été supérieure à celle de ces deux musiciens, car ses œuvres furent citées, empruntées et utilisées comme matériel de base plus souvent que celles d'autres compositeurs du Moyen Âge.
D'autres musiciens moins connus étaient également les "acteurs" de cette école franco-flamande naissante, tels que Pierre Fontaine (Français originaire de Rouen : 1380/1450), Jacques Vide (Français peut-être originaire de Paris : 1386/1433), Nicolas Grenon (Français peut-être originaire de Cambrai : 1380/1456), Gilles Joye (Flamand, originaire de Courtrai : 1425/1483), Hayne van Ghizeghem (Flamand, né près de Gand : 1445/1497) et Robert Morton (Anglais, sans traces de son lieu de naissance : 1430/1479).
 
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